Des affrontements d’une rare intensité ont éclaté à l’aube de ce vendredi 17 octobre 2025 dans le groupement de Bukombo, en chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.
Les combats opposent les rebelles de l’AFC-M23 aux combattants Wazalendo du Collectif des Mouvements pour le Changement (CMC), une coalition locale dirigée par Dominique Ndaruhutse.
Des détonations entendues dès l’aube
Selon plusieurs sources locales contactées depuis Mwesso, les hostilités ont commencé vers 5 heures du matin dans le village de Bumbasha, à environ dix kilomètres à l’est de Mwesso. Des tirs nourris d’armes lourdes et légères ont retenti dans toute la zone, semant la panique parmi les habitants.
D’après ces mêmes sources, les rebelles du M23 auraient lancé une opération de “nettoyage” visant à déloger les miliciens du CMC qui auraient récemment renforcé leur présence dans la région. Les combats se seraient ensuite étendus vers Kanyangohe et Muhongozi, zones stratégiques du Bwito.
Déplacements massifs de civils
Ces affrontements ont provoqué une nouvelle vague de déplacements de la population. Les habitants de Bumbasha, déjà éprouvés par les précédents combats, ont fui vers les localités voisines de Kanyangohe, Muhongozi et Katsiru, tandis que d’autres ont trouvé refuge à Mwesso, dans la chefferie voisine des Bashali, en territoire de Masisi.
Les organisations locales de la société civile alertent sur la situation humanitaire alarmante : plusieurs familles dorment à la belle étoile sans assistance, et les routes d’accès restent dangereuses en raison des affrontements intermittents.
Une recrudescence des violences malgré les pourparlers de Doha
Ces nouveaux combats surviennent à peine trois jours après la signature à Doha d’un mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et le mouvement AFC-M23. Cet accord, salué par la communauté internationale, visait à instaurer une trêve durable dans l’est de la RDC.
Cependant, la reprise des hostilités dans le Bwito semble démontrer la fragilité de cet engagement sur le terrain, où chaque camp s’accuse mutuellement de provocation.
Des exactions commises la veille
Jeudi 16 octobre, une incursion attribuée à l’AFC-M23 a été signalée dans la localité de Karambi/Chahemba, toujours dans le groupement de Bukombo. Des témoins rapportent qu’une femme originaire de Buhambira y a été décapitée, tandis que des biens ont été pillés et quatre chèvres emportées. Ces actes de barbarie ont ravivé la peur et la colère parmi les habitants, qui dénoncent l’inaction des autorités face à la recrudescence des violences.
Appel au calme et à la protection des civils
Des acteurs de la société civile du Bwito et de Masisi appellent les parties au conflit à respecter leurs engagements de Doha et à préserver la vie des civils. Ils demandent également à la MONUSCO et aux forces régionales déployées dans la zone de renforcer la surveillance et la protection humanitaire des populations déplacées.
La situation reste très tendue ce vendredi après-midi autour de Bumbasha, où des échanges de tirs sporadiques se poursuivent, selon les dernières informations recueillies sur le terrain.
Rédaction – Nord-Kivu, 17 octobre 2025
