La Banque Centrale du Congo (BCC) a rendu publics ce vendredi 17 octobre 2025 ses nouveaux taux indicatifs de change.
Selon l’institution monétaire, le dollar américain s’échange désormais à 1 USD pour 2 129 francs congolais (CDF), contre 2 190 CDF la veille. Cette tendance confirme la poursuite de la légère appréciation du franc congolais amorcée depuis plusieurs jours sur le marché officiel.
Une stabilité monétaire encore fragile
Selon les économistes contactés, cette baisse du taux directeur traduit les efforts continus de la Banque Centrale du Congo pour stabiliser la monnaie nationale à travers une politique monétaire plus rigoureuse et une surveillance accrue du marché de change.
La BCC aurait notamment intensifié ses interventions sur le marché interbancaire, tout en limitant la création monétaire et les dépenses publiques non prioritaires.
Cependant, malgré ce signal encourageant, plusieurs observateurs estiment que la stabilité reste encore fragile, en raison des incertitudes macroéconomiques et du contexte sécuritaire instable dans l’Est du pays.
Un décalage entre le taux officiel et la réalité du marché
Si le franc congolais se renforce sur le papier, les consommateurs ne ressentent pas encore les effets positifs de cette évolution. Sur le terrain, notamment à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, la situation reste tendue.
Les prix des denrées alimentaires, du transport et des produits de première nécessité continuent d’augmenter, malgré la baisse du taux officiel du dollar.
« Nous entendons parler d’une baisse du dollar, mais ici au marché de Nyawera, les prix montent chaque jour », déplore Mado Safari, vendeuse de vivres à Bukavu. Une autre habitante renchérit : « Le transport coûte toujours cher. Rien n’a changé pour nous les pauvres. »
Un contexte économique et politique complexe
Cette inertie des prix s’explique, selon plusieurs analystes, par le décalage entre le taux indicatif de la BCC et le taux réel appliqué dans les transactions commerciales. En effet, dans plusieurs villes comme Goma, Bukavu ou Kinshasa, le dollar se négocie encore bien au-delà des 2 150 FC sur le marché parallèle, ce qui entretient la spéculation et fragilise la confiance dans la monnaie nationale.
De plus, la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, marquée par la progression de la rébellion de l’AFC-M23, continue d’affecter les circuits économiques, le commerce transfrontalier et la mobilité des biens et personnes.
Vers un redressement durable ?
La BCC appelle à la patience et promet de poursuivre ses efforts pour restaurer durablement la stabilité monétaire et le pouvoir d’achat des Congolais. Dans un communiqué récent, elle a réaffirmé son engagement à maintenir une gestion rigoureuse des réserves de change et à renforcer la discipline budgétaire au sein du gouvernement.
Mais pour de nombreux ménages, ces annonces restent encore théoriques. Tant que les prix du marché ne baisseront pas, la population aura du mal à percevoir les bénéfices réels d’un franc congolais renforcé.
Rédaction – Muller Mundeke Kalonji
