Crise en RDC : Kinshasa et Kigali finalisent les préparatifs de traque des FDLR, voici la date du début des opérations

Un tournant majeur vient d’être franchi dans la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Kinshasa et Kigali ont finalisé et validé l’ordre d’opération relatif à la traque des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) et de leurs groupes associés.

La date de début a été fixée au 1er octobre 2025, marquant ainsi le coup d’envoi officiel de cette nouvelle étape prévue dans l’accord de Washington.

Une décision prise dans un cadre multilatéral

C’est lors de la troisième réunion du Comité conjoint de surveillance, tenue mercredi 1er octobre, que l’annonce a été rendue publique. Cette rencontre de haut niveau a réuni les délégations de la RDC et du Rwanda, mais également les États-Unis initiateurs de l’accord de Washington, l’État du Qatar, le Togo (facilitateur mandaté par l’Union africaine) et la Commission de l’UA.

Selon un communiqué du Département d’État américain, les discussions ont porté sur « la neutralisation du groupe armé FDLR et de ses affiliés, le désengagement progressif des forces et la levée des mesures défensives du Rwanda, ainsi que l’accès garanti du CICR à tous les détenus ». Kinshasa et Kigali ont réaffirmé leur détermination à accélérer la mise en œuvre du concept d’opérations (CONOPS), pierre angulaire de l’accord de Washington.

Entre avancées diplomatiques et scepticisme sur le terrain

Malgré ce pas en avant, de nombreuses incertitudes demeurent. Les populations de l’Est, toujours prises en étau entre les affrontements FARDC-M23, les exactions des groupes armés locaux et les déplacements massifs de civils, peinent à croire à une amélioration rapide. Beaucoup craignent que l’accord reste théorique si les hostilités ne cessent pas dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Pour certains observateurs, l’enjeu dépasse la simple traque des FDLR. « C’est tout l’équilibre sécuritaire de la région des Grands Lacs qui est en jeu. La mise en œuvre sincère de cet accord pourrait soit ouvrir la voie à une désescalade durable, soit, en cas d’échec, aggraver encore la méfiance entre Kinshasa et Kigali », analyse un expert régional.

Un contexte marqué par des échecs passés

Cette nouvelle dynamique intervient après plusieurs tentatives infructueuses. Le processus de Luanda, parrainé par l’Angola, s’est essoufflé sans résultats tangibles. Dans le même temps, les forces du M23, accusées par Kinshasa d’être soutenues par Kigali, ont consolidé leurs positions, allant jusqu’à prendre le contrôle de Goma et Bukavu, deux capitales provinciales stratégiques.

Face à cette impasse, l’accord de Washington, signé sous l’égide des États-Unis, et le processus de Doha, actuellement en cours, apparaissent comme les deux piliers complémentaires des efforts de médiation.

Le premier vise à régler la dimension régionale du conflit en engageant Kigali et Kinshasa, tandis que le second aborde les aspects internes : restauration de l’autorité de l’État congolais, réintégration des groupes armés locaux et relance de la cohésion nationale.

Un suivi attendu en octobre

Le Comité conjoint de surveillance a annoncé la tenue de sa quatrième réunion après celle du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS), prévue les 21 et 22 octobre. Ce rendez-vous devrait permettre de mesurer les premiers résultats des opérations engagées et de vérifier si les engagements pris sont traduits en actes.

En attendant, Kinshasa et Kigali ont exprimé leur gratitude aux partenaires internationaux, notamment les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine, pour leur rôle dans l’accompagnement diplomatique et sécuritaire.

Reste désormais à savoir si cette alliance inédite, parfois qualifiée de « mariage de raison », entre la RDC et le Rwanda, suffira à inverser la spirale de violence qui secoue l’Est congolais depuis plus de deux décennies. Pour les populations de cette région meurtrie, l’espoir est mince mais persistant : celui de voir, enfin, la paix l’emporter sur les armes.

Muller Mundeke Kalonji

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