Des images largement relayées sur les réseaux sociaux depuis ce mercredi 8 octobre 2025 montrent deux hauts responsables de l’administration parallèle de l’AFC-M23 au Nord-Kivu, posant en treillis militaire et armes à la main.
Il s’agit de Willy Manzi, vice-gouverneur chargé de l’Administration, de la Justice et des Questions juridiques, et de Chadrack Amani, vice-gouverneur en charge des Finances et de l’Économie.
C’est la première fois que ces deux cadres, connus jusque-là pour leur rôle administratif et politique, apparaissent publiquement dans une mise en scène militaire. Une image qui, selon plusieurs observateurs, illustre un durcissement de la posture du M23 et une militarisation progressive de son appareil politico-administratif.
D’après un analyste politique basé à Goma, cette apparition ne serait pas anodine. Elle s’inscrirait dans la nouvelle orientation stratégique du mouvement, amorcée depuis la récente sortie médiatique de Bertrand Bisimwa, coordinateur adjoint de l’AFC-M23 et président de son aile politique.
« La Révolution vient d’atteindre sa phase déterminante. Désormais, la libération du pays est l’unique leitmotiv de notre nouvel engagement. Notre pays et son peuple méritent une vision claire, une gouvernance redevable et une classe politique disciplinée », a déclaré Bertrand Bisimwa.
Ces déclarations interviennent quelques jours après un discours du commandant militaire Sultani Makenga, qui, devant des centaines de nouvelles recrues, a évoqué ouvertement la volonté du mouvement de renverser le régime du président Félix Tshisekedi.
Cette série de signaux semble confirmer un changement de ton au sein de l’AFC-M23, qui ne se limite plus à une revendication politique, mais semble désormais préparer une confrontation ouverte.
Pendant ce temps, les pourparlers de Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion restent au point mort, après plusieurs reports successifs et l’annonce récente de la suspension de la médiation du Qatar.
Dans un contexte où la situation sécuritaire reste explosive dans le Nord-Kivu, cette nouvelle posture du M23 pourrait marquer une escalade majeure du conflit à l’est de la République démocratique du Congo.
Yvan Kambere à Butembo
