Nord-Kivu : des nouveaux combats entre M23 et Wazalendo ce 10 octobre, voici la situation

Des affrontements ont éclaté tôt dans la matinée de ce vendredi 10 octobre 2025 à Kibati, dans le groupement Luberike, territoire de Walikale (province du Nord-Kivu), opposant les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23) aux combattants Wazalendo Maï-Maï.

Selon plusieurs sources locales concordantes, les résistants Wazalendo venus de Miba, une localité située à environ cinq kilomètres à l’ouest de Kibati, auraient lancé une attaque surprise contre les positions du M23/AFC aux environs de 5 heures du matin.

En représailles, les rebelles auraient riposté avec intensité, entraînant des échanges nourris de tirs qui ont duré plusieurs heures.

Des témoins sur place font état de tirs d’armes lourdes et légères entendus dans toute la zone, semant la panique parmi les habitants. Beaucoup d’entre eux auraient pris la fuite vers des zones jugées plus sûres, notamment vers Habula, localité voisine située à l’est de Kibati, où les affrontements se seraient ensuite déplacés.

« On a entendu des tirs sans arrêt dès l’aube. Les enfants criaient, tout le monde cherchait à fuir. On ne sait pas encore combien de personnes ont été touchées », a témoigné un habitant joint par téléphone.

Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a été communiqué ni par les autorités locales ni par les forces en présence. Cependant, plusieurs sources dans la société civile parlent déjà d’un risque élevé d’escalade, les deux camps renforçant leurs positions dans la zone.

Ces nouveaux affrontements interviennent dans un contexte sécuritaire très tendu dans l’est de la République Démocratique du Congo. Malgré les pourparlers de paix engagés à Doha entre Kinshasa et les responsables du M23/AFC, ainsi que les médiations diplomatiques entreprises à Washington entre Kigali et Kinshasa, la situation sur le terrain reste explosive.

Dans plusieurs zones du Nord-Kivu, notamment à Rutshuru, Masisi et désormais Walikale, les combats sporadiques se poursuivent entre le M23, les FARDC (Forces Armées de la RDC) et les groupes d’autodéfense Wazalendo, rendant incertain tout espoir de trêve durable.

Un acteur de la société civile de Walikale appelle le gouvernement à « prendre des mesures urgentes pour sécuriser les civils » et à accélérer le processus de négociation afin d’éviter une nouvelle crise humanitaire dans cette partie déjà fragilisée du Nord-Kivu.


Yvan Kambere à Butembo

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