Cris en RDC : Kinshasa refuse de signer l’accord économique avec Kigali, une exigence inattendue est formulée

Un nouveau rebondissement vient assombrir les relations entre Kinshasa et Kigali. L’accord sur le cadre économique régional, qui devait être paraphé ce vendredi à Washington entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, n’a finalement pas été signé, malgré des semaines de préparation et de négociations.

Selon l’agence Reuters, Kinshasa s’est retiré à la dernière minute, invoquant une exigence jugée non négociable : le retrait effectif d’au moins 90 % des troupes rwandaises présentes dans l’est du Congo. « Le Congo ne signera pas tant que ce retrait ne sera pas effectif », a confié une source proche du dossier.

Cet accord économique, voulu par les États-Unis et élaboré dans le prolongement de l’« Accord de Washington » signé en juin dernier, visait à renforcer l’intégration économique régionale, notamment dans le commerce transfrontalier, l’exploitation des ressources et le développement des infrastructures.

Washington espérait y voir un levier pour consolider le processus de paix fragile enclenché dans la région des Grands Lacs.

Mais la position ferme de Kinshasa traduit la persistance d’un climat de méfiance. Depuis plusieurs mois, le gouvernement congolais accuse Kigali de soutenir activement la rébellion du M23, qui contrôle de larges portions du Nord-Kivu.

Plusieurs rapports d’experts des Nations unies pointent également l’implication directe de l’armée rwandaise dans les opérations militaires aux côtés des rebelles, une accusation que Kigali continue de nier.

De son côté, le Rwanda insiste sur la nécessité d’un mécanisme de désarmement durable des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), un groupe armé rwandais hostile au régime de Paul Kagame et installé dans l’est congolais depuis des décennies. Kigali conditionne tout retrait de ses troupes à des garanties solides sur ce volet sécuritaire.

L’échec de la signature de ce vendredi risque d’alourdir davantage le climat régional. Washington, principal médiateur, pourrait intensifier ses pressions diplomatiques pour sauver l’accord, alors que les combats se poursuivent dans le Nord-Kivu et que la crise humanitaire ne cesse de s’aggraver.

Pour l’instant, aucun calendrier n’a été communiqué pour une reprise des discussions. Mais selon plusieurs observateurs, la balle est désormais dans le camp de Kigali et Kinshasa, qui doivent surmonter leurs divergences sécuritaires avant d’espérer avancer vers une coopération économique durable.

Yvan Kambere à Butembo

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