Crise en RDC : Julien Paluku envoie un vibrant message à Joseph Kabila

La création, le mercredi 15 octobre 2025 à Nairobi, d’un nouveau mouvement politique baptisé « Sauvons la République Démocratique du Congo » (SRDC) sous l’impulsion de l’ancien président Joseph Kabila Kabange, continue de susciter une vague de réactions au sein de la classe politique congolaise.

Ce mouvement, qui réunit plusieurs figures de l’opposition et d’anciens proches du régime Kabila, se présente comme une plateforme destinée à « sauver » la République face, selon ses initiateurs, à la mauvaise gouvernance actuelle et à la dérive institutionnelle observée depuis 2019.

Julien Paluku Kahongya monte au créneau

Parmi les voix qui se sont élevées figure celle de Julien Paluku Kahongya, ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement Sama Lukonde. Connu pour avoir longtemps évolué aux côtés de Joseph Kabila avant de rejoindre le camp présidentiel de Félix Tshisekedi, Julien Paluku n’a pas mâché ses mots.

Dans une déclaration relayée sur son compte X (ancien Twitter) et reprise par plusieurs médias congolais, le ministre a lancé une pique directe à l’ancien chef de l’État :

“Quand on a été chef d’État, on doit viser plus haut : briguer par exemple la présidence de la Commission de l’Union africaine ou de l’OIF, plutôt que chercher à déstabiliser le pays qu’on a eu à diriger.”

Une déclaration perçue comme un avertissement à l’endroit de Joseph Kabila, dont le retour sur la scène politique semble inquiéter plusieurs membres du gouvernement en place.

Un retour qui divise la classe politique

Alors que les partisans du SRDC saluent une “renaissance politique” de l’ancien président et un “acte de patriotisme”, d’autres observateurs dénoncent une stratégie politique visant à affaiblir l’Union sacrée du président Félix Tshisekedi à l’approche des élections locales et provinciales.

Selon des sources proches du SRDC, le mouvement entend se positionner comme une troisième voie, ni totalement opposition, ni alignée sur le pouvoir, avec l’ambition de “rétablir la souveraineté nationale et la cohésion perdue”.

Entre ambitions continentales et rivalités internes

Julien Paluku, pour sa part, appelle Joseph Kabila à s’inspirer des anciens chefs d’État africains qui ont su jouer un rôle de haut niveau sur la scène continentale après leur règne.

“Le Congo a besoin d’un leadership apaisé. L’histoire retiendra ceux qui bâtissent, pas ceux qui divisent”, a ajouté le ministre dans une autre interview accordée à la presse.

Un climat politique sous tension

Ce nouvel épisode intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué par des rapports crispés entre Kinshasa et certains anciens dignitaires du régime Kabila, accusés d’alimenter des foyers de contestation dans le pays.
La sortie médiatique de Julien Paluku s’inscrit ainsi dans une série de prises de position qui traduisent les fractures persistantes au sein de la classe politique congolaise, à quelques mois des échéances électorales locales et des pourparlers de Doha sur la paix à l’Est.


Le message de Julien Paluku apparaît comme un appel à la retenue et à la responsabilité politique. Mais au-delà de cette posture, il illustre la crainte du pouvoir actuel de voir Joseph Kabila redevenir un acteur majeur du jeu politique congolais, dans un contexte où l’équilibre des forces reste fragile.

Muller Mundeke Kalonji

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