RDC : des groupes Wazalendo accusés d’exactions graves contre les civils au Nord-Kivu, voici les concernés

Un nouveau mémorandum adressé le vendredi 17 octobre 2025 aux autorités militaires et civiles du Nord-Kivu par des notables locaux tire la sonnette d’alarme sur la recrudescence des abus commis par certaines factions Wazalendo dans le territoire de Masisi.

Les signataires, issus notamment de la chefferie des Bahunde et du secteur d’Osso-Banyungu, dénoncent une série d’exactions graves visant les populations civiles.

Selon les informations rapportées par Radio Okapi, trois groupes armés sont particulièrement mis en cause :

  • L’Union des Patriotes et Démocrates pour la Défense du Congo (UPDC), dirigée par Noah Maachano ;
  • Une faction de la Coalition des Patriotes Résistants Congolais (PARECO-FF), sous le commandement de Kigingi Jean de Dieu ;
  • Et une autre faction PARECO-FF conduite par Mutayomba Jam’s.

Ces groupes, censés défendre le territoire national contre les rebelles du M23 et leurs alliés, sont désormais accusés d’avoir tourné leurs armes contre ceux qu’ils prétendent protéger.

Des exactions multiples et un climat de peur

Les notables d’Ufamandu 1er et de Nyamaboko 1er affirment que ces factions se distinguent par une série de violations systématiques des droits humains :

  • Intimidations et menaces contre les autorités coutumières,
  • Perception illégale de taxes sur les marchandises,
  • Exploitation clandestine des sites miniers,
  • Et surtout extorsions sur les axes routiers, où des barrières illégales prolifèrent.

Les témoins parlent de prélèvements forcés allant de 1 000 à 2 000 francs congolais exigés à chaque voyageur, parfois pour des objets insignifiants : une poule, un bidon vide ou un simple sac de manioc. Les refus d’obtempérer exposeraient les civils à des menaces, voire à des violences physiques.

Un appel à l’intervention des autorités

Dans leur mémorandum, les notables de Masisi exhortent les autorités provinciales et le commandement militaire à rétablir l’ordre dans les zones concernées et à faire respecter la discipline au sein des forces d’autodéfense.

Ils rappellent que le mouvement Wazalendo, né dans un élan patriotique pour défendre la souveraineté nationale, ne peut servir de couverture à des pratiques contraires aux droits humains et à la légalité.

Un défi croissant pour le contrôle des groupes Wazalendo

Cette dénonciation illustre une réalité de plus en plus complexe sur le terrain : l’émiettement et la perte de contrôle de certaines factions Wazalendo. Alors que le gouvernement congolais s’efforce d’intégrer ces combattants dans une logique de défense encadrée, plusieurs groupes continuent d’opérer en marge de la loi, compromettant la sécurité et la stabilité locales.

Des observateurs appellent à une clarification urgente du statut et du commandement des groupes Wazalendo, afin d’éviter que ces milices ne deviennent de nouveaux foyers d’insécurité dans une région déjà éprouvée par des décennies de guerre.

Rédaction/Muller Mundeke Kalonji

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