Des combats ont éclaté à l’aube de ce mardi 28 octobre 2025 entre les résistants Wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23 dans la localité de Kibati, située dans le groupement Luberike, territoire de Walikale, au Nord-Kivu.
Une attaque coordonnée des Wazalendo
D’après plusieurs sources locales, les résistants Wazalendo, venus de l’axe Miba–Mungazi, ont lancé aux alentours de 4 heures du matin une offensive coordonnée sur les positions occupées par les rebelles du M23. Leur objectif : reprendre le contrôle de cette localité stratégique, sous domination de l’AFC/M23 depuis le mois d’avril dernier.
Des détonations d’armes lourdes et légères ont été entendues dans tout le secteur, provoquant une panique généralisée parmi la population.
Des habitants de Kibati et des villages voisins auraient commencé à fuir vers des zones jugées plus sûres. Des témoins sur place décrivent une intensité inhabituelle des affrontements, laissant craindre un lourd bilan humain et matériel.
Une localité stratégique au cœur de la bataille
C’est la cinquième tentative des Wazalendo pour reprendre Kibati des mains de la rébellion. Lors de la précédente offensive, ils avaient réussi à contrôler temporairement une partie du village avant de se retirer face à la riposte du M23.
Cette localité constitue un point névralgique reliant plusieurs zones stratégiques entre les territoires de Masisi et de Walikale, expliquant l’acharnement des deux camps à s’en emparer.
Le M23 accuse Kinshasa de violer le cessez-le-feu
Dans un communiqué publié ce mardi par son porte-parole Lawrence Kanyuka, le mouvement AFC/M23 a dénoncé ce qu’il qualifie d’offensive généralisée menée par les FARDC et leurs alliés sur plusieurs lignes de front. Selon le document, les localités de Kibati, Bibwe, Nyabiondo, Bukombo et leurs environs auraient été simultanément visées par des attaques à l’artillerie lourde, appuyées par des drones.
La rébellion accuse ainsi le gouvernement congolais de violation du cessez-le-feu et d’entrave au processus de dialogue encouragé par la communauté internationale dans le cadre des discussions de paix.
Une situation humanitaire préoccupante
Sur le terrain, les humanitaires craignent une nouvelle vague de déplacements des civils, déjà éprouvés par des mois de combats dans cette partie du Nord-Kivu. Les autorités locales appellent les belligérants à épargner les populations civiles et à respecter les principes du droit international humanitaire.
Alors que la situation reste tendue à Kibati, aucune communication officielle des FARDC n’a encore été rendue publique concernant ces affrontements du 28 octobre.
Muller Mundeke Kalonji
