RDC : Makenga galvanise ses troupes et promet de “renverser Tshisekedi” à la veille des pourparlers de Doha

À quelques jours de la reprise annoncée des négociations entre le gouvernement congolais et le mouvement rebelle AFC/M23 à Doha, le climat reste tendu sur le terrain militaire.

Au camp de Tshanzu — considéré comme l’un des principaux centres d’entraînement du M23 — une nouvelle promotion de jeunes recrues, hommes et femmes, a officiellement achevé sa formation.

En treillis et armes au poing, ces nouvelles recrues ont exécuté exercices de tir, techniques de combat rapproché, arts martiaux et défilés devant leurs chefs militaires. L’occasion pour le général Sultani Makenga, coordonnateur militaire de l’AFC/M23, de réaffirmer sa détermination à poursuivre la lutte armée contre le régime de Kinshasa.

« Notre armée se bat pour le changement. Le régime de Félix Tshisekedi a détruit ce pays, fait des Congolais des réfugiés et transformé la nation en propriété privée. Nous allons libérer le peuple et mettre fin à cette mauvaise gouvernance », a-t-il déclaré devant les nouvelles recrues.

Une montée en puissance documentée

Cette démonstration de force s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement du mouvement rebelle. Deux semaines plus tôt, le 14 septembre, environ 7.400 combattants avaient été présentés au camp de Rumangabo : d’anciens éléments FARDC, des miliciens wazalendo et de nouvelles recrues formées par le M23.

Pour Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, cette étape marque un tournant :

« La Révolution entre dans sa phase déterminante. La libération du pays est désormais notre unique leitmotiv. »

Un rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, publié le 19 septembre, confirme cette dynamique. Il y est fait état de recrutements forcés, d’arrestations arbitraires (au moins 1 454 personnes), de déplacements massifs de populations et de destructions d’habitations.

Le document dénonce également de graves exactions commises par le M23 et ses alliés rwandais, dont le massacre d’au moins 335 civils — parmi eux 52 femmes et 24 enfants — dans la chefferie de Bwisha entre le 9 et le 28 juillet.

Entre négociation et défiance

Cette rhétorique belliqueuse du M23 intervient paradoxalement à la veille de la reprise des pourparlers avec Kinshasa prévue pour la semaine du 6 octobre à Doha, au Qatar.

Si ces discussions sont présentées comme une chance de désescalade, les démonstrations militaires et les déclarations des chefs rebelles laissent planer un doute sur la volonté réelle du mouvement d’opter pour une issue pacifique.

Dans ce contexte, la communauté internationale, qui suit de près l’évolution de la crise dans l’Est de la RDC, redoute que la situation sur le terrain continue de se détériorer malgré les annonces diplomatiques.

Muller Mundeke Kalonji

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