Une nouvelle attaque de drone, attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a été signalée tôt ce mercredi 15 octobre 2025 sur la mine d’or de Twangiza, dans la province du Sud-Kivu.
D’après plusieurs sources locales, le bombardement, survenu aux environs de 4h55 du matin, a causé d’importants dégâts matériels, notamment la destruction d’une station-service, de plusieurs générateurs et de structures d’exploitation minière.
Selon les informations recueillies sur place, cette frappe ciblait une position stratégique contrôlée par les éléments de l’Alliance des Forces du Changement (AFC-M23), mouvement rebelle soutenu, selon Kinshasa, par le Rwanda.
Ce site minier serait depuis plusieurs mois exploité par la rébellion, qui y produirait de l’or destiné à financer ses activités militaires dans les territoires de Masisi et Rutshuru, au Nord-Kivu.
Un habitant de la localité de Luhwindja, joint par téléphone, évoque un bruit assourdissant entendu à l’aube. « Les drones ont survolé la zone pendant plusieurs minutes avant de larguer des bombes. On pouvait voir les flammes s’élever depuis la colline de Twangiza », témoigne-t-il, sous anonymat par crainte de représailles.
Cette opération de l’armée congolaise intervient moins de vingt-quatre heures après la signature, à Doha, d’un accord entre le gouvernement de Kinshasa et le M23, portant sur la mise en place d’un mécanisme de vérification du cessez-le-feu.
Un timing qui soulève de nombreuses interrogations quant à la sincérité des engagements pris par les deux parties et à la durabilité du processus de désescalade.
D’après certains observateurs, cette frappe pourrait traduire la volonté des FARDC de maintenir la pression militaire sur les positions du M23, malgré les discussions diplomatiques en cours. D’autres, en revanche, estiment qu’il s’agit d’une réponse à des provocations ou violations récentes du cessez-le-feu par les rebelles.
La mine de Twangiza, exploitée autrefois par la société Banro, est devenue depuis plusieurs années un enjeu stratégique majeur, tant sur le plan économique que militaire. Le contrôle de cette zone aurifère permettrait à tout détenteur d’importantes ressources financières, alimentant ainsi le conflit dans l’Est du pays.
Alors que Kinshasa et la communauté internationale tentent de relancer un processus de paix durable, cette nouvelle attaque risque de raviver les tensions et de fragiliser davantage la trêve laborieusement obtenue à Doha.
Une question demeure dès lors sur toutes les lèvres : le cessez-le-feu convenu hier n’est-il déjà qu’un mirage dans le ciel troublé du Kivu ?
Ilunga Mubidi Oscar
