Une vive agitation a gagné la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 octobre 2025, lorsqu’un avion a survolé la cité volcanique à haute altitude.
Le bruit puissant de l’appareil a réveillé de nombreux habitants, qui ont cru à un avion de chasse ou à une opération militaire en lien avec le conflit opposant les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23.
Cependant, des vérifications techniques ont permis d’éclairer la situation. D’après les informations recueillies sur le site spécialisé FlightRadar24, il ne s’agissait nullement d’un engin militaire, mais plutôt d’un avion de ligne civil, précisément un Boeing 777-31 de la compagnie Emirates Airlines.
L’appareil effectuait un vol régulier entre Luanda (Angola) et Dubaï (Émirats arabes unis), à une altitude de 35 000 pieds, soit environ 11 kilomètres au-dessus du sol.
Comme tout avion commercial, celui-ci était équipé d’un transpondeur, un dispositif électronique qui transmet en continu son identité, sa position et sa trajectoire. Ces données, accessibles en temps réel au public, permettent de suivre chaque vol civil dans le monde.
Cette précision vient calmer les esprits après une nuit marquée par une vague de rumeurs sur les réseaux sociaux.
Certains messages affirmaient qu’il s’agissait d’un appareil des Forces armées de la RDC (FARDC) menant une reconnaissance aérienne au-dessus des zones tenues par le M23, tandis que d’autres évoquaient un avion étranger engagé dans les opérations militaires à l’Est du pays.
Les autorités locales n’ont pas encore communiqué officiellement à ce sujet, mais plusieurs observateurs appellent la population à éviter la propagation de fausses informations, surtout dans un contexte sécuritaire déjà tendu.
En attendant, cet épisode illustre une fois de plus combien la peur et la méfiance demeurent profondément ancrées dans la population gomatracienne, où chaque bruit d’avion ou explosion ravive les souvenirs douloureux des récentes attaques aériennes dans la région.
Muller Mundeke Kalonji
