Coup de tonnerre diplomatique dans le dossier congolais. L’État du Qatar a officiellement annoncé, mardi 7 octobre, la suspension de sa médiation dans la crise opposant le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) à l’alliance politico-militaire AFC/M23.
Cette décision a été rendue publique par le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, lors d’une conférence de presse à Doha.
Selon lui, le Qatar recentre actuellement ses efforts diplomatiques sur d’autres priorités, notamment la crise à Gaza, où son Premier ministre joue un rôle clé dans les discussions ouvertes au Caire.
« L’attention du Qatar est concentrée sur les pourparlers en cours concernant la situation à Gaza, où nous œuvrons activement à obtenir un cessez-le-feu durable », a déclaré Majed Al Ansari.
Il a ajouté que cette implication accrue se fait « sur recommandation – voire sous pression – de certains partenaires internationaux, dont l’ancien président américain Donald J. Trump ».
Un revers pour le processus de Doha
Cette suspension marque un sérieux revers pour le processus de Doha, dont la sixième session devait initialement se tenir cette semaine dans la capitale qatarie. Ces discussions étaient censées relancer un dialogue au point mort depuis plusieurs mois entre Kinshasa et l’AFC/M23, à la tête d’une vaste offensive dans l’Est du pays.
Sur le terrain, la guerre continue
Alors que la diplomatie chancelle, la situation militaire reste explosive. Des combats violents ont repris ces derniers jours dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les rebelles continuent de gagner du terrain, profitant de la confusion politique et de la fragilité des positions gouvernementales.
Réaction prudente de Kinshasa
Interrogé à Paris, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a appelé à ne pas dramatiser la situation.
« Les indicateurs sur le retrait des troupes rwandaises de notre territoire ne sont pas encore visibles, mais nous restons confiants quant à l’atteinte de notre objectif : la paix », a-t-il affirmé.
Le responsable congolais a également dénoncé ce qu’il qualifie de « génocide perpétré dans l’Est du Congo depuis 30 ans », tout en appelant la communauté internationale à une implication plus ferme pour mettre fin à cette tragédie humaine.
Avec cette suspension du Qatar, le processus de paix dans l’Est du Congo semble une nouvelle fois fragilisé. Reste à savoir quel autre acteur régional ou international prendra le relais pour tenter de ramener Kinshasa et l’AFC/M23 à la table des négociations.
Ilunga Mubidi Oscar
